Histoire de l'Aïkido

Né au Japon au cours du XXe siècle, l’Aïkido est un art martial relativement récent. Il est l'oeuvre et l’aboutissement de la vie de Morihei UESHIBA (1883-1969), son fondateur.

Portrait de Morihei UESHIBA, fondateur de l'aïkido

Une éducation remarquable
Morihei Ueshiba naît au Japon le 14 décembre 1883 à Tanabe dans la préfecture de Wakayama, au sein d’une famille fortunée. Dès l’âge de sept ans, il suit l’enseignement des classiques chinois dans un temple bouddhiste, puis c’est l’école de Tanabe qui lui prodigue une remarquable éducation, lui permettant de fortifier corps et esprit.

Le parcours d’un combattant
C’est à Tokyo, avant même d’avoir 20 ans, qu’il débute les arts martiaux, alors très en vogue. Il commence ainsi le Jû Jutsu (combat à mains nues) au sein de l’école Kito et la pratique du sabre dans l’école Shinkage. Puis le service militaire lui permet de s’entraîner au sein de l’école Yagyu. Les séances d’entraînement à la baïonnette le met en valeur et il parvient à se faire remarquer de ses supérieurs par son adresse, sa rapidité et son efficacité au maniement de cette arme. Libéré de ses obligations militaires, il ne cesse pour autant de poursuivre son entraînement. Il s’initie pendant quelques temps au judo.

A 32 ans (1915), il rencontre Sogaku Takeda, maître de l’école Daito de Jû Jutsu. Ueshiba est impressionné par ses techniques et décide de le suivre. Ce n’est que quatre ans plus tard qu’ils se sépareront. Ueshiba se lie alors d’amitié avec Onisaburo Deguchi, maître Shintoïste, qui l’éclairera de ses enseignements et qui saura le guider : « Tu devrais consacrer ta vie au Budô. Tu as en toi la force de déplacer des montagnes. Fais-le ! ».

Morihei Ueshiba en actionLa naissance d’un nouvel art martial
L’exhortation de Deguchi détermine Ueshiba à ouvrir sa propre école d’arts martiaux. La réputation de Ueshiba se répand alors et la maîtrise qu’il a acquise devient célèbre. Ueshiba continue cependant à cheminer sur la voie du Budô. Sa vie de fermier lui permet d’approfondir les liens qui unissent l’homme à la terre, et son art se trouve enrichi de toutes ses découvertes. Le sentiment profond que l’esprit et le corps ne font qu’un prend réellement vie en lui. En 1923, il donne à son art pour la première fois le nom d’Aïkibujutsu (harmonisation de l’esprit avec les techniques de combat). Ueshiba a 40 ans.

L’aboutissement
Après un séjour en Mandchourie en compagnie de Deguchi pour y fonder un centre spirituel pour l’amour et la fraternité, il s’attelle à l’étude du maniement de la lance au sein de l’école Hosoin. Sa virtuosité, renforcée par la maîtrise de son propre art, devient exceptionnelle. Ses séances d’entraînement intenses débouchent finalement sur une illumination intérieure qui le foudroie. Il vient d’obtenir ce qu’il a toujours cherché : l’unification du corps et de l’esprit. Alors que tous les principes de l’univers se dévoilent sous ses yeux, il se sent en communion totale avec eux.

Kamiza, autel du maître dans les dojosL’expansion
A partir de ce moment, sa réputation ne fait que s’accroître. Il voyage dans tout le Japon pour expliquer les principes de son art. "Budo ne signifie pas vaincre l’adversaire par la force. Ce n’est pas non plus une arme de destruction. Le véritable Budo consiste d’abord à accepter l’esprit de l’univers, à sauvegarder la paix en ce monde, à protéger et favoriser l’épanouissement de tous les êtres".

En 1959, l’Aïkido est répandu dans tout le Japon et commence à se faire connaître à l’étranger grâce à certains disciples de Ueshiba ayant franchi les mers. Le nombre de pratiquants ne cesse d’augmenter et tous ceux qui ont l’occasion de rencontrer Ô Sensei (Grand Maître) sont frappés par la noblesse de son attitude, par sa force rayonnante et par sa grande compassion.

La vie de Morihei Ueshiba s’éteint le 26 avril 1969. A titre posthume, les autorités japonaises lui accordent l’Ordre du Trésor Sacré, pour avoir fondé et développé l’Aïkido dans le monde entier.

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